La télévision allemande a diffusé le week-end dernier un film sur le naufrage du Gustloff.
La plus grande catastrophe de l'histoire maritime s'est déroulée à la fin de la seconde guerre mondiale et est presque passée inaperçu.
voici un résumé trouvé sur le site herodote.com :
C'est en mer Baltique que l'on déplore la plus grande catastrophe maritime de l'Histoire (environ 10.000 victimes)... Ce drame oublié remonte au 30 janvier 1945
En Suisse, un Allemand dénommé Wilhelm Gustloff avait été porté à la tête du parti nazi local. Son zèle antisémite était particulièrement vif. Aussi un jeune activiste juif, David Frankfurter, l'assassina-t-il à Davos en 1936. Hitler décida de baptiser de son nom un paquebot en cours de finition.
Il s'agissait d'un vaisseau de croisière de grandes dimensions : 208 mètres sur 24, conçu pour transporter un total de 1865 personnes. Il n'avait pas de classe de luxe contrairement aux usages du temps.Après la déclaration de guerre de 1939, il fut transformé en navire-hôpital et servit à rapatrier des blessés de la campagne de Norvège en 1940.Puis il fut mis à quai dans le port de Gothenhafen (Prusse orientale), où on l'utilisa dès lors comme caserne flottante.
Au tournant de l'année 1945, rares étaient ceux qui nourrissaient encore des illusions sur l'issue de la guerre. En Allemagne orientale, une multitude de réfugiés civils et militaires fuyait l'avance des armées soviétiques.
Beaucoup avaient pris place à bord du Wilhelm Gustloff, lequel leva l'ancre du port de Gotenhafen au matin du 30 janvier 1945. Leur espoir était d'atteindre Hambourg, qui était encore libre de toute occupation.
La liste officielle fait état de 6.050 personnes à bord: membres d'équipage, soldats et réfugiés. Dans les faits, ce nombre est très supérieur. Il dépasse les 8.000 personnes et de récentes recherches (Heinz Schon) avancent le chiffre de 10.050 personnes !Dès la première nuit, des sous-marins russes étaient signalés. Trois d'entre eux furent repérés et considérés comme sans risque. Un quatrième, le S13, sous le commandement d'Alexandre Marinesko, était resté en rade à Turku (Finlande) sans rejoindre son escadre. Sur le paquebot, au soir du 30 janvier, un matelot fit irruption sur la passerelle avec un message radio. Une formation de dragueurs de mines faisait route vers le Wilhelm Gustloff. Le commandant ordonna d'allumer les feux de position pour éviter une collision - en réalité les obstacles signalés n'existaient pas.
Par malheur, le sous-marin S13 se trouvait alors en patrouille de surface à quelques miles de là, le long de la côte basse de Poméranie antérieure. Son officier de quart signala aussitôt cette proie inespérée.Tirées à 700 mètres sur une cible aussi massive, il n'y avait guère d'échappatoire, et le navire dépourvu de blindage fut aussitôt transpercé. Au moins deux des torpilles atteignirent la salle des machines.
En moins d'une heure, l'orgueilleux paquebot fut coulé. La panique devint générale, les canots de sauvetage pris d'assaut étaient couverts de glace par une température de -15 ° C.
Selon le témoignage d'Ursula Resas, les femmes prises de panique abandonnaient leurs enfants pour s'échapper plus vite, les matelots, pistolet au poing, réservaient l'accès des échelles de coupée aux femmes et aux enfants.
Le mécanicien Johann Smrczek avait rejoint le pont supérieur aménagé pour les blessés du front oriental. «C'est là que j'ai pris conscience du drame qui se déroulait en bas. A travers les vitres blindées, je ne pouvais les entendre crier. Mais les gens étaient serrés comme des sardines et le pont inférieur était déjà à moitié couvert d'eau. Et j'ai vu des éclairs, des coups de feu. Les officiers tuaient leur propre famille».
996 rescapés furent recueillis par des navires accourus à la rescousse. Cette catastrophe d'une ampleur inégalée est restée quasi-ignorée depuis, enfouie au milieu de tant d'autres drames vécus par les réfugiés allemands d'Europe centrale et orientale à cette époque.
trouver sur wikipedia
Des catastrophes oubliées
D'autres navires de transport subiront le même sort dans la fuite de la Prusse orientale ou à partir de la baie de Lübeck :
le Général von Steuben coulé le 10 février 1945 par le même Alexandre Marinesko (et dans la même mission) et qui fit près de 3 000 victimes, réfugiés et blessés essentiellement,
le Goya, le 16 avril 1945. On avance le chiffre de 15 000 victimes cumulées pour les naufrages du Wilhelm Gustloff et du Goya.
Trois navires, le Cap Arcona, le Thielbek et le Deutschland sont coulés par des Hawker Typhoons de la Royal Air Force dans la baie de Lübeck, le 3 mai 1945. Le bilan fait état d'environ 8 000 morts (7 500 déportés, 500 SS) et 150 rescapés dont 15 Français.
Du fait de son contexte, une Seconde Guerre mondiale sanguinaire entachée de nombreux drames, ces catastrophes resteront longtemps quasi ignorées. De plus, la découverte de l'horreur de la Shoah à la même époque a occulté toute référence à la souffrance des Allemands. Ce n'est que récemment que des chercheurs et des auteurs se sont penchés sur cette tragédie. L'activité renaissante des groupuscules d'extrême-droite en Allemagne a également joué en faveur du rappel de certaines de ces catastrophes. Des plongeurs d'appartenance néo-nazi ont par ailleurs visité l'épave du Gustloff pour en remonter la plaque nominale.
auf deutsch : http://de.wikipedia.org/wiki/Wilhelm_Gustloff_(Schiff)
pour comparaison , 1513 personnes ont perdues la vie dans le naufrage du titanic
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