samedi 21 novembre 2009

09.11.09 les 20 ans de la chute du mur de Berlin

Plus de 100 000 personnes en liesse ont fêté lundi à Berlin les 20 ans de la chute du Mur tandis que les grands de ce monde plaidaient pour un nouvel élan diplomatique au nom de la paix mondiale.

«C'est un jour de fête, pas seulement pour l'Allemagne mais pour toute l'Europe», a estimé la chancelière Angela Merkel, vingt ans après la chute du Rideau de fer, qui a mis fin à la Guerre froide et permis la réunification de l'Allemagne et de l'Europe.




Sous des parapluies blancs, Mme Merkel a franchi symboliquement d'est en ouest la Porte de Brandebourg, où passait le «mur de la honte», en compagnie notamment des présidents français et russe Nicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev, de la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton et du premier ministre britannique Gordon Brown.


Une trentaine de pays étaient représentés, à commencer par les anciennes puissances qui occupèrent l'Allemagne après 1945 - États-Unis, Russie, Grande-Bretagne et France.


Le président américain Barack Obama, en tournée en Asie, a créé la surprise en intervenant via un message vidéo.


«Peu d'entre nous auraient prédit qu'un jour l'Allemagne unie serait dirigée par une femme venue du Brandebourg (ex-RDA) ou que son allié américain serait dirigé par un homme d'origine africaine, mais la destinée humaine est ce que les hommes en font», a déclaré M. Obama.

Tandis qu'Angela Merkel prônait un nouvel «ordre mondial» multipolaire pour résoudre les problèmes actuels comme le terrorisme, en invitant les États-Unis à abandonner de leurs compétences au profit d'organisations internationales, Mme Clinton a appelé l'Europe et l'Amérique à de nouveaux efforts pour «renverser les murs» de l'intolérance religieuse.


Nicolas Sarkozy à invité «abattre les murs qui à travers le monde divisent encore des villes, des territoires, des peuples», et Gordon Brown à «la fin de la prolifération nucléaire, de la pauvreté extrême et de la catastrophe climatique, grâce à la force des peuples unis dans un effort commun».

Dmitri Medvedev a lui aussi appelé à «répondre ensemble aux menaces actuelles, nous serrer les coudes contre le terrorisme, surmonter ensemble la crise qui nous touche».

La soirée de fête s'était ouverte avec un concert de l'orchestre du Staatsoper de Berlin qui a joué sous la baguette de l'Israélo-Argentin Daniel Barenboïm: Wagner et Schönberg, notamment, et une chanson traditionnelle berlinoise interprétée par le ténor Placido Domingo que le prestigieux parterre a accompagné en claquant des mains.

Après les discours officiels, l'ex-dirigeant polonais Lech Walesa a fait basculer le premier d'un millier de dominos en polystyrène, hauts de 2,5 mètres de haut et peints par des amateurs du monde entier: leur chute en cascade a symbolisé l'écroulement du Mur. Sous les vivats de la foule et les lumières des projecteurs, la chute des dominos a créé l'effet d'un long serpentin coloré. La soirée devait se clore avec le chanteur Bon Jovi.

Acclamée par des Allemands et des touristes enthousiastes, Mme Merkel avait franchi dans l'après-midi un autre lieu symbolique du Mur, le pont de la Bornholmer Strasse, l'un des premiers postes-frontière ouverts le 9 novembre 1989, en compagnie de M. Walesa et du dernier dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev. Le pont était décoré de grandes photos en noir et blanc montrant les scènes de liesse, et la foule scandait comme à l'époque «Nous sommes le peuple!».

Mme Merkel a salué «l'incroyable engagement» du syndicat polonais Solidarité, qui le premier brava l'étau communiste en 1980, et remercié «de tout coeur» M. Gorbatchev d'avoir «laissé faire les choses courageusement» en 1989, sans réprimer le peuple de RDA et les mouvements de réforme ailleurs.





Le mur de Berlin (en allemand Berliner Mauer)[1], « mur de la honte » pour les Allemands de l'ouest et « mur de protection antifasciste » d'après la propagande est-allemande, est érigé en plein Berlin à partir de la nuit du 12 au 13 août 1961 par la République démocratique allemande (RDA)[2], qui tente ainsi de mettre fin à l'exode croissant de ses habitants vers la République fédérale d'Allemagne (RFA)[2],[3]. Le mur sépare physiquement la ville en Berlin-Est et Berlin-Ouest pendant plus de vingt-huit ans, et constitue le symbole le plus marquant d'une Europe divisée par le Rideau de fer.

Plus qu'un simple mur, il s'agit d'un dispositif militaire complexe comportant deux murs de 3,6 mètres de haut[4] avec chemin de ronde, 302 miradors et dispositifs d'alarme, 14 000 gardes, 600 chiens et des barbelés dressés vers le ciel. Plusieurs centaines de ressortissants de la RDA perdent la vie en essayant de le franchir, les gardes-frontière est-allemands et soldats soviétiques n'hésitant pas à tirer sur les fugitifs.

L'affaiblissement de l'Union soviétique, la perestroïka conduite par Mikhaïl Gorbatchev et la détermination des Allemands de l'Est, qui organisent de grandes manifestations, provoquent, le 9 novembre 1989, la chute du « mur de la honte », suscitant l'admiration incrédule du « Monde libre » et ouvrant la voie à la réunification allemande. Presque totalement détruit, le Mur laisse cependant dans l'organisation urbaine de la capitale allemande des cicatrices qui ne sont toujours pas effacées aujourd'hui. Le mur de Berlin, symbole du clivage idéologique et politique de la Guerre froide, a inspiré de nombreux livres et films. Aujourd'hui, plusieurs musées lui sont consacrés.

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